Voici un court métrage de Claude Lelouch réalisé en 1976 présentant une “promenade” de 8 minutes dans Paris à 5h30 du matin. À ce qui paraît monsieur Lelouch accorde beaucoup d’importance à la ponctualité et est un mordu de vitesse. Écoutez ronronner sa mercedes !
Commentaire de Claude Lelouch tiré de Wikipedia :
J’ai limité les risques en tournant ce film cascade au mois d’août, à cinq heures trente du matin, au lever du jour. La circulation est donc quasiment inexistante. Je n’ai pu cependant obtenir l’autorisation de bloquer les rues débouchant sur mon parcours. Un véhicule peut donc déboîter devant moi à n’importe quel moment. Si cela se produit, je prie pour avoir le coup d’œil et les réflexes nécessaires pour réagir au quart de seconde. L’étape la plus dangereuse du parcours demeure le passage des guichets du louvre. Il n’y a aucune visibilité à la sortie. Si une voiture surgit à ce moment devant mon capot, la collision sera inévitable. J’ai donc posté mon assistant, Élie Chouraqui, à cet endroit stratégique. Grâce à son talkie-walkie, il me préviendra en cas de danger. J’arrive à la hauteur des guichets du Louvre. Aucun signal de la part de « Chouchou ». Je fonce. Le reste du parcours s’accomplit sans problème. Je ralentis place du Tertre, et Gunilla, avec un chronométrage parfait, s’avance à ma rencontre. Un quart d’heure plus tard, je retrouve Chouraqui, en train de bricoler son « talkie ».
— Qu’est ce qui se passe ?
— C’est cette saloperie ! me dit-il en désignant l’appareil. Il est tombé en panne au début de la prise !
J’ai un grand frisson d’angoisse rétrospectif.
Debout dans le bureau du préfet de police, j’ai la sensation d’être un enfant puni. Je m’apprête d’ailleurs à l’être et sévèrement.
D’une voix de procureur, le préfet, qui m’a personnellement convoqué, dresse à mon intention la liste de toutes les infractions que j’ai commises pendant les quelques minutes de tournage de Pour un rendez-vous. Elle est interminable. Quand il a fini, il lève sur moi un œil noir et dit en avançant la main :
— Remettez-moi votre permis de conduire, s’il vous plait.
Le moment serait mal choisi pour discuter. Je m’exécute. Le préfet de police s’empare du document, le contemple rêveusement pendant quelques secondes, puis… me le rend avec un large sourire.
— Je m’étais engagé à vous le retirer, me dit-il. Mais je n’ai pas précisé pour combien de temps.
Devant ma stupéfaction, il ajoute :
— Mes enfants adorent votre petit film ! »
Claude Lelouch
Voici un lien pour un site qui en dit plus sur le court métrage.
